Bilan lecture, décembre 2020, suite

Suite des nombreuses lectures de fin d’année…
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N’oublie pas mon petit soulier, de Gabriel Katz
J’adore la plume de Gabriel Katz. Dès les premières pages, on entre dans un monde, on n’a besoin d’aucun effort pour se plonger dans l’histoire. Malheureusement, ici, j’ai réalisé que son humour n’était pas le mien. On suit un gars dont le seul but est de séduire une fille aperçue alors qu’il faisait le père Noël dans une galerie marchande. Il est odieux avec les enfants, avec sa famille… Bref on est loin de l’ambiance de Noël. D’habitude j’aime encore bien l’humour bête, les anti-héros et ce genre de choses mais là ce n’est pas passé. Tant pis.
★★

Odd et les géants de glace, de Neil Gaiman
Petit conte basé sur la mythologie scandinave. Vraiment chouette et à conseiller aux plus jeunes.
★★★

Expiration, de Ted Chiang
LA découverte de cette année ! Il s’agit d’un recueil de 9 nouvelles de science-fiction d’une grande qualité.
Sans entrer dans les détails, on a une histoire de porte temporelle dans un souk, une histoire de civilisation de robots en fin de course, un questionnement sur le libre arbitre, le cycle de vie d’animaux virtuels, l’histoire des nurses mécaniques, une histoire à la Black Mirror où on a la possibilité d’enregistrer l’intégralité de notre vie, la recherche d’intelligence extra-terrestre vue par les perroquets, un monde religieux et scientifique qui bascule lorsqu’on réalise que notre planète est juste un brouillon et un monde où on peut dialoguer avec des réalités alternatives. Autant de sujets passionnants, d’autant que la plume de l’auteur est vraiment fluide.
Je vais revenir sur ma nouvelle préférée, la plus courte, celle sur le libre arbitre. Dans cette histoire, on a inventé une petite machine qui possède juste un bouton et une ampoule. L’ampoule s’allume pile une seconde AVANT qu’on appuie sur le bouton. Les gens s’amusent d’abord à appuyer régulièrement puis passent des jours sans appuyer, essaient de piéger la machine mais rien à faire, elle ne peut jamais être prise en défaut. La conclusion implacable est que le libre arbitre n’existe donc pas. Sans spoiler, ça bouleverse certaines personnes…
En bonus, l’auteur revient sur la génèse de ces nouvelles et donne quelques informations complémentaires très intéressantes.
Si vous avez apprécié la série Black Mirror vous devriez apprécier ces nouvelles. Seul petit bémol, le style un peu froid mais qui ne m’a pas du tout dérangée.
★★★★★

Époustouflée par cette lecture, j’ai enchaîné avec La tour de Babylone du même auteur. Ce premier recueil de huit nouvelles a été écrit avant Expiration et m’a semblé légèrement moins bon. On y retrouve la nouvelle à la base du film « Premier contact » de Denis Villeneuve, avec une reflexion sur la manière linéaire ou globale de percevoir le monde). Je ne vais pas détailler les autres nouvelles mais je les ai trouvées légèrement moins abouties. Une bonne lecture, cependant.
★★★

Jessie, de Stephen King
Jessie est l’un des rares romans de Stephen King qui ne soit pas du genre fantastique, et je préfère. Je dois être trop cartésienne et quand il part dans des délires à la « ça » je reste de marbre. Ici au contraire la peur de Jessie est bien légitime vu qu’elle se retrouve seule, menottée au lit dans un chalet isolé, après que son mari soit décédé lors de leurs ébats un peu spéciaux. Alors oui, c’est long, plusieurs pages pour qu’elle arrive à attraper un verre d’eau, par exemple, mais je trouve que ça cadre parfaitement avec le sujet. J’ai trouvé la fin un peu inutile, par contre, l’histoire de Jessie se suffisant à elle-même. Mais une bonne lecture malgré tout.
★★★

Quand on parle de longueurs, Le poids de la neige, de Christian Guay-Poliquin n’est pas pour les amateurs d’action. Un homme retourne au village voir son père. Il a un accident qui lui broie les jambes et est hébergé par un homme qui habite temporairement dans une maison à l’écart du village. C’est l’hiver et on ne sait pas ce qu’il se passe « ailleurs » mais il n’y a plus d’électricité. Les nouvelles du village arrivent encore mais rarement. L’avenir n’a plus vraiment de réalité. On sent qu’il s’est passé quelque chose de grave.
Le roman n’est pas très long mais n’est qu’une longueur en soi. La neige tombe, le narrateur souffre, le temps s’arrête, il ne se passe presque rien. Ce huis-clos est lent, étouffant et extrêmement bien rendu. J’ai bien aimé ma lecture mais ça ne plaira pas à tout le monde 😀
★★★

Les grand-mères, de Doris Lessing
Un très court roman sur 2 familles un peu trop soudées. On suit les relations des 2 grand-mères et leurs fils, leur maris et les belles-filles. Les grands-mères ont chacune une relation avec le fils de l’autre. J’ai trouvé l’histoire bien racontée et pas du tout « voyeuriste » malgré le sujet. L’autrice avait plus de 80 ans quand elle a écrit ce roman mais ça ne se ressent absolument pas.
★★★

Les Annales du Disque-Monde, tome 05 : Sourcellerie, de Terry Pratchett
Vous le savez, je suis fan de l’humour de Terry Pratchett. Sachant que cette saga se bonifie au fil des tomes, j’ai encore beaucoup ri avec cette histoire. Dans ce tome, le soucelier entraîne le monde dans un chaos absolu. On y retrouve le mage Rincevent, qui ne rêve que d’une vie de calme et d’ennui, mais aussi une tueuse rêvant de devenir coiffeuse, un gringalet qui apprend dans manuel à devenir un vrai barbare, le tout dans un environnement des 1001 nuits. C’est savoureux, comme toujours. Une excellente lecture.
★★★

Les Ours mal léchés s’apprivoisent à Noël, de Valentine Stergann
Je ne suis pas bon public pour les romances et grâce à cette histoire, j’ai enfin su mettre le doigt sur la raison principale : le manque de profondeur. Peu importe l’histoire, ça se passe souvent dans les endroits superbes (ici les Cornouailles mais ça peut aussi bien être la Norvège ou n’importe où ailleurs) et tout ce qu’on apprend c’est que c’est « joli », « tellement beau », « superbe ». Bon sang, et ça ressemble à quoi ? S’il faut déjà connaître le lieu pour savoir si c’est pittoresque, je ne vois pas l’intérêt de me farcir tout un bouquin. Vous allez me dire que je suis de mauvaise foi et qu’on ne lit pas une romance pour avoir des descriptions de paysages à la Zola. Fort bien. Mais même les personnages sont traités de la même manière ! Telle amie est « décidée », une autre est « naïve ». L’homme est « beau », « viril »… Et ? Les bons livres ne donnent pas les traits de caractère des personnages mais les font agir de manière à ce qu’on découvre leur caractère. Sans description des lieux ni des personnages, il reste une vague histoire donc on connaît évidemment la fin (c’est une romance, c’est écrit dessus, aucune surprise). Je ne vois vraiment pas l’intérêt.


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2 réflexions sur « Bilan lecture, décembre 2020, suite »

  1. Ulrich

    Si tu as aimé Jessie, tu dois aussi lire Misery, mais laisse passer un peu de temps si non ça risque de te paraitre réchauffé … quoique.
    Je prends « Expiration »

    Répondre

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